La Bulgarie décroche sa première victoire à l’Eurovision grâce à Dara et son titre « Bangaranga ». Personne n’avait prévu cette remontada spectaculaire de la chanteuse de 27 ans à Vienne (Autriche).

Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas été surpris par un vainqueur de l’Eurovision. Dara nous a fait mentir. La chanteuse de 27 ans a remporté l’édition 2026 du concours qui se déroulait à Vienne (Autriche) ce samedi 16 mai avec son titre survitaminé « Bangaranga » qui a obtenu 516 points, devant Israël et la Roumanie. Elle permet à son pays qui participe depuis 2005 de remporter la première victoire de son histoire dans la compétition.
De son nom complet Darina Nikolaeva Yotova, celle qui succède à JJ est née en 1998 à Varna, ville balnéaire située au bord de la mer Noire. Elle commence la musique dans sa jeunesse vers l’âge de 5 ans, alors qu’elle couve à l’époque le rêve de devenir championne de gymnastique rythmique.
Révélée par un télé-crochet à seulement 17 ans
Diplômée de l’École nationale des arts de Varna, elle s’est fait connaître en 2015 en participant au télé-crochet « X Factor » dont elle a terminé troisième à tout juste 17 ans. Le début d’une carrière artistique au pays de Sylvie Vartan : plusieurs singles se succèdent et lui font gagner en popularité, dont « K’vo ne chu » qui a été un véritable carton local.
En 2021, elle devient coach dans « The Voice » en Bulgarie, ce qui en fait la mentor la plus jeune de l’histoire du programme. Elle est sollicitée en 2024 pour participer à « Danse avec les stars », où elle finit deuxième. Preuve de sa popularité, elle est choisie pour effectuer la première partie de Robbie Williams à l’occasion de son concert à Sofia en septembre 2025. Côté vie privée, elle a épousé en juin 2025 son compagnon Ermil Ivanov, un pharmacologue.
Une victoire surprise que les parieurs ont tardé à voir venir
Lorsqu’elle est arrivée à Vienne, Dara était destinée à faire bonne figure en finale, voire à espérer le top 10 avec un peu de chances. Les parieurs ? Ils lui prédisaient une 15e place. Pourtant au fil de la semaine, des répétitions et des retours du public, sa cote a commencé à grimper. De 15e, l’artiste dont la chevelure bicolore rappelle celle de la patineuse Alysa Liu passe 9e, puis 7e.

Jusqu’à ce samedi, le jour J, où elle éjecte du podium la Grèce et le Danemark, plébiscités depuis des semaines. Troisième des « bookmakers », sa remontada venue de nulle part la conduit même à remporter le prix Marcel-Bezençon de la meilleure performance artistique à quelques heures de la finale, attribué par l’organisation du concours.
Première victoire pour la Bulgarie en 21 ans
Elle a finalement coiffé au poteau toute la concurrence : les Finlandais Linda Lampenius et Pete Parkkonen terminent sixièmes, l’Australienne Delta Goodrem quatrième. Les jurys de Malte, d’Australie, du Danemark et de Lituanie lui ont tous attribués leurs fameux « 12 points ». Vainqueur surprise des votes professionnels, l’interprète de « Bangaranga » se paie de luxe de rafler aussi la mise auprès du public, ce qui n’avait plus été fait depuis 2017.
« Je fais ça depuis l’âge de cinq ans et quand je repense à tout ce que j’ai vécu ces dix dernières années, tous mes efforts ont enfin porté leurs fruits. Je suis extrêmement heureuse et impatiente d’accueillir l’Eurovision à Sofia l’année prochaine ! » a-t-elle réagi après sa victoire.
Dara offre ainsi à la Bulgarie un titre dont le pays n’avait jamais réussi à s’emparer. En 21 ans de participation, seule une médaille d’argent obtenue en 2017 par Kristian Kostov avait redoré le blason bulgare à l’Eurovision, après plusieurs années de déceptions successives. Jusqu’ici, la Bulgarie n’avait réussi à se hisser en finale qu’à quatre reprises en quinze participations. C’est dire l’exploit accompli par la jeune chanteuse ce samedi soir. Cette année signait le grand retour du pays dans la compétition, après 3 ans d’absence. Retour gagnant, au sens propre.
Impossible n’est pas français, a-t-on pourtant envie de souffler à l’oreille de la toute jeune chanteuse lyrique de 17 ans. Révélée en 2025 par sa victoire dans le télé-crochet « Prodiges » (France 2), la benjamine de la compétition a de sérieux arguments à faire valoir. Notamment des capacités vocales impressionnantes que « Regarde ! », son titre mêlant pop et opéra, doit lui permettre de mettre en lumière. Et qui sait, de retourner la table ? Rêvons !
Avant sa prestation, il faut cependant voir passer une ribambelle de concurrents. Et non des moindres. Après une ouverture grandiose signée JJ, le vainqueur autrichien de l’année dernière, le Danemark ouvre le bal. Devant plus de 10 000 spectateurs chauffés à blanc, Søren Torpegaard Lund interprète un titre pop accrocheur qui lance parfaitement cette folle soirée musicale.
La langue de Molière résonne sur la scène de la Wiener Stadthalle, la salle du concert, avant même le passage de la jeune candidate française. Avec son timbre rappelant celui de Slimane – voix de la France en 2024 -, le représentant d’Israël, Noam Bettan, célèbre sa « Michelle » dans une chanson interprétée aussi bien en français qu’en hébreu et en anglais. Et malgré la polémique entourant la participation de son pays – 5 Etats ont boycotté cette 70e édition en signe de protestation -, termine son passage sans incident.
Il était l’un des favoris de cette édition 2026. Le rappeur Akylas fait se déhancher le public de Vienne avec son « Ferto » (« Apporte-le »). Bottes fourrées orange fluo aux pieds et bonnet de la même couleur sur la tête, le Grec propose un joyeux cocktail loufoque et coloré. Et n’hésite pas à traverser la scène à trottinette.
S’élance alors la star australienne Delta Goodrem. Une autre candidate à la victoire qui a déjà vendu plus de 9 millions d’albums depuis le début de sa carrière. Si le public semble réceptif à sa puissance vocale indéniable, on reste cependant un peu de marbre devant son show très pailleté.
À l’applaudimètre, c’est surtout la Finlande qui l’emporte. Il faut dire que le pays nordique sort le lance-flammes. Pardon le « Liekinheitin », le titre de la chanson interprétée par un duo composé de Pete Parkkonen et Linda Lampenius. Leur passage spectaculaire marque comme prévu les esprits grâce à la voix bien en place du chanteur aux racines martiniquaises et au talent de la violoniste.
Les prestations défilent et les contraires dialoguent. Aux métalleux serbes de Kraj mene qui font trembler la télévision par leurs cris succède la douce balade amoureuse de Malte. Le minimalisme scénique du mélancolique Tchèque laisse la place au déjanté « Bangaranga » de la Bulgarie, future gagnante. Un titre survitaminé où même les chaises fument !
Mention spéciale aussi à notre petit chouchou, l’Italien Sal Da Vinci, le doyen du concours à 57 ans. Son costume blanc étincelant et l’ode surannée au mariage qu’il nous sert ne peut que nous faire sourire. Mais il ne faudrait pas oublier le candidat de la Lituanie dont le costume rappelle celui de Fantomas ou la chanteuse masquée venue de Suède. Pas de doute, on est bien au grand spectacle de l’Eurovision.

Monroe impressionne

22h25 : c’est le moment tant attendu en France. Après une insipide prestation du Royaume-Uni, Monroe entre en scène. Entourée de cinq danseurs habillés en noir, la chanteuse toute de blanc vêtue fait mouche avec sa remarquable puissance vocale. Laissant parler la fougue de sa jeunesse, elle livre un final en forme de feu d’artifice qui est salué par les applaudissements nourris du public.
Pas suffisant cependant pour l’emporter. Comme toujours, est-on tenté de dire. L’an prochain, cela fera 50 ans que Marie Myriam a permis à la France de décrocher sa dernière victoire dans l’Eurovision. C’était le samedi 7 mai 1977. C’était il y a une éternité




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