Depuis plus de quarante ans, Francis Cabrel cultive une image rare dans le paysage artistique français. Loin des excès, des scandales et de l’agitation médiatique, le chanteur d’Astaffort a toujours privilégié une existence discrète, ancrée dans sa région natale et dans des valeurs simples. Ses chansons ont traversé les générations, mais lui n’a jamais vraiment changé.

Installé depuis de longues années dans le Lot-et-Garonne, l’interprète de Je l’aime à mourir mène une vie paisible entre sa famille, la musique et les paysages de campagne qu’il affectionne tant. Un quotidien à mille lieues de celui que l’on associe souvent aux grandes vedettes de la chanson.

Pourtant, au cours d’une interview accordée durant la période du premier confinement, Francis Cabrel avait accepté de lever un coin du voile sur ses habitudes personnelles. Et l’une de ses révélations avait surpris bien des admirateurs.

À cette époque où toute la France vivait au ralenti, le chanteur évoquait son attachement à son environnement rural. Entouré de producteurs locaux, il racontait avec enthousiasme la qualité des produits disponibles autour de lui.

« C’est vrai qu’on a de la bonne nourriture puisque les paysans du coin sont tous maraîchers. On trouve facilement des légumes, de la volaille et tout ce que la campagne peut offrir de meilleur », expliquait-il.

Mais alors que beaucoup imaginaient le chanteur attaché exclusivement aux spécialités du Sud-Ouest, Francis Cabrel a fait une confidence inattendue. Derrière son amour des produits du terroir se cache une autre passion culinaire, beaucoup moins prévisible.

« Moi, je suis accro à la nourriture japonaise. Là, j’en suis privé », reconnaissait-il avec humour.

Une phrase simple, mais qui avait de quoi étonner. Car rien, dans l’image publique du chanteur, ne laissait vraiment penser qu’il était un amateur assidu de cuisine japonaise. Pourtant, cette passion semble parfaitement s’inscrire dans sa manière de vivre : une alimentation équilibrée, sobre et tournée vers la qualité plutôt que vers l’abondance.

Cette confidence est également venue rappeler que derrière l’artiste emblématique se cache un homme curieux, ouvert sur le monde et loin des clichés que l’on pourrait lui attribuer.

Au fil de sa carrière, Francis Cabrel s’est rarement exprimé sur des sujets personnels ou politiques. Lorsqu’il le fait, ses propos attirent souvent l’attention en raison de leur rareté. En 2012 déjà, dans un entretien accordé au Parisien, il avait suscité le débat en évoquant la question de la dépénalisation du cannabis.

Selon lui, une telle mesure permettrait notamment de limiter le poids des réseaux criminels. Il estimait également que le cannabis ne lui semblait pas nécessairement plus dangereux que certaines consommations d’alcool largement acceptées dans la société.

Une réflexion qu’il développait déjà plusieurs années auparavant. Dès 1999, dans les colonnes de Libération, le chanteur dénonçait ce qu’il considérait comme une certaine hypocrisie autour du sujet. Il opposait notamment les comportements parfois violents liés à l’alcool à l’image plus pacifique qu’il associait aux consommateurs de cannabis, tout en rappelant la nécessité d’une grande vigilance concernant les drogues dures.

Ces prises de position demeurent toutefois des exceptions dans le parcours d’un artiste qui a toujours préféré laisser parler ses chansons plutôt que multiplier les déclarations médiatiques.

Aujourd’hui encore, Francis Cabrel continue d’incarner une figure singulière de la musique française. Un homme fidèle à ses convictions, attaché à sa terre natale et à une forme de simplicité devenue rare.

Et si sa passion assumée pour la cuisine japonaise a pu surprendre, elle contribue surtout à dessiner le portrait d’un artiste resté profondément lui-même malgré les décennies de succès.

À 72 ans, loin des projecteurs permanents, Francis Cabrel semble avoir trouvé depuis longtemps la recette de son équilibre : vivre simplement, savourer les petits plaisirs du quotidien et rester libre de ses choix.

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