Ce mercredi matin, en plein scandale de violences dans le périscolaire, une grosse opération a été menée par les enquêteurs de la Brigade de protection des mineurs de Paris. Seize personnes de l’école Saint-Dominique (VIIe) ont été interpellées.
L’opération intervient quelques jours seulement après l’annonce fracassante par la procureure de Paris, des chiffres des affaires de violences sexuelles dans le périscolaire à Paris. Laure Beccuau avait annoncé l’ouverture d’enquêtes dans 84 écoles maternelles et une vingtaine d’écoles élémentaires. La semaine dernière, on apprenait également la mise en examen d’un animateur de l’école Bullourde, dans le XIe arrondissement. Professionnel qui avait déjà été mis en cause et même interpellé dans le cadre d’une autre affaire, en 2024 dans une école du Xe arrondissement. La plainte avait été classée sans suite.
Depuis des mois, les enquêteurs de la Brigade de protection des mineurs planchent sur ces enquêtes. Les investigations semblent avoir bien avancé, en tout cas suffisamment pour procéder à ce vaste coup de filet.

Au total, seize personnes de l’école Saint-Dominique — qui était apparue dans le reportage de Cash Investigation en janvier — ont été interpellées au petit matin, précise le parquet de Paris. Toutes ont fait l’objet d’accusation de « faits de natures et de gravités différentes » contre des enfants dans des écoles parisiennes, précise le ministère public. Plusieurs d’entre elles, précise le parquet, avaient déjà été suspendues.
Dans l’entourage du maire de Paris, Emmanuel Grégoire (PS), on se félicite de l’avancée de la justice dans ces dossiers. On rappelle que l’édile avait dit à la procureure la nécessaire accélération des enquêtes, « très attendue par les parents ».
78 animateurs suspendus à Paris depuis le début de l’année
Alors que le scandale a commencé à l’automne 2025, à son arrivée à la tête de la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire (PS) a souhaité de la transparence. Il y a quelques semaines, il révélait le nombre d’animateurs périscolaires suspendus depuis le début de l’année. Au total, 78 professionnels ont été écartés dont 31 pour suspicions de faits à caractère sexuel. Des données inédites qui viennent s’ajouter au bilan déjà accablant de 2025 : une quarantaine de suspensions, dont 20 pour violences sexuelles, selon les chiffres de la mairie.
La Procureur de Paris annonçait par ailleurs que cinq animateurs avaient fait l’objet d’un renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris, dont David G, animateur de l’école Alphonse-Baudin à l’origine de l’affaire qui a lancé le scandale. Son procès est prévu ce mardi 26 mai.
Le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a présenté, mercredi 20 mai, sur France 2, ses excuses pour l’embauche, dans une école du 11e arrondissement, d’un agent du périscolaire qui avait été soupçonné de violences sexuelles dans une école voisine. « Je m’en excuse », a déclaré l’édile socialiste, en assurant que cette situation n’est désormais « plus possible » et qu’il « veillerait à ce que ça ne le soit plus jamais ».
Le journal Le Parisien a révélé lundi qu’un animateur mis en examen en 2025 pour violences sexuelles sur mineurs dans une école du 11e arrondissement avait déjà été placé en garde à vue en 2024, pour des faits similaires dans une autre école, du 10e arrondissement.

M. Grégoire a toutefois invoqué « un problème de droit » complexe à gérer pour la municipalité, étant donné que l’agent avait été innocenté. « Il n’existe pas aujourd’hui de condition qui nous autorise à le sanctionner » juridiquement, a-t-il souligné. « Le hasard a fait qu’une réunion d’information et de présentation du rapport de l’inspection générale sur ce cas a été organisée » mardi soir, encadrée par le maire du 11e arrondissement, David Belliard, et l’adjointe chargée des affaires scolaires, Anne-Claire Boux, a précisé le maire.
« Fautes graves » et défaillances
Dans une « crise grave » pour le périscolaire, « des mesures exceptionnellement exigeantes ont été prises », a insisté l’édile, qui a annoncé en avril un plan d’action de 20 millions d’euros pour le périscolaire. « Les animateurs sont suspendus systématiquement depuis que je suis élu, au moindre signalement », a-t-il rappelé, en répétant qu’il préférait « être injuste pour le moment vis-à-vis des agents plutôt que de prendre le moindre risque vis-à-vis des enfants ».
M. Grégoire s’était déjà déplacé le 11 mai à l’école Saint-Dominique, dans le 7e arrondissement, où les cas d’agressions sexuelles se sont multipliés. Il y avait présenté des excuses inédites, la ville y reconnaissant des « fautes graves » et des défaillances.

Depuis le début de 2026, 78 agents de la ville ont été suspendus, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles. Le parquet de Paris a de son côté ouvert des enquêtes pour de possibles violences dans un total de 84 écoles maternelles, une vingtaine d’élémentaires et une dizaine de crèches. Les 14 000 animateurs de la Ville de Paris sont appelés à la grève jusqu’à vendredi contre des « suspensions arbitraires » dans un secteur « en sous-effectif chronique ».


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