Un regard qui embrasait l’écran… s’est désormais éteint à jamais. La disparition de Nadia Farès à l’âge de 57 ans n’est pas seulement une triste nouvelle — c’est la fin d’un parcours artistique intense, instinctif, profondément habité.
« C’est avec une immense tristesse que nous annonçons le décès de Nadia Farès. La France a perdu une grande artiste, mais pour nous, c’est avant tout une mère que nous venons de perdre. »

Ce message bouleversant, signé par ses filles Cylia et Shanna Chasman, a plongé le public français dans l’émotion. Derrière l’icône, il y avait avant tout une mère.
Le drame remonte au 11 avril, dans une salle de sport du 9e arrondissement de Paris. Alors qu’elle nageait avec palmes et planche, Nadia Farès a soudainement perdu connaissance avant de sombrer au fond du bassin.
Ce n’est que plusieurs minutes plus tard que les autres nageurs l’ont repérée, inanimée. Extraite de l’eau en arrêt cardio-respiratoire, elle a été immédiatement prise en charge. Malgré l’intervention rapide des secours, son état a été jugé « extrêmement critique ».

Transportée en urgence à l’hôpital Pitié-Salpêtrière, elle a été placée dans un coma artificiel. Mais les jours suivants n’ont pas permis d’inverser le cours des choses.
Une enquête a été ouverte, mais la piste d’un malaise cardiaque reste privilégiée. Nadia Farès souffrait d’antécédents lourds, ayant subi plusieurs opérations du cœur ainsi qu’une rupture d’anévrisme en 2017.
Mais au-delà des circonstances, c’est toute une carrière qui revient en mémoire.
« Elle avait ce regard fiévreux, profond, où se lisaient tour à tour la fragilité et la farouche détermination des héroïnes qu’elle incarnait. »
Un regard unique, entre douceur et intensité, qui a marqué durablement le cinéma français.
Née en 1968 à Marrakech, Nadia Farès a grandi entre deux cultures, nourrissant très tôt une sensibilité artistique tournée vers le théâtre et la danse.
Dans les années 1990, elle s’impose progressivement avec des rôles forts, refusant la facilité pour explorer des personnages complexes, souvent en tension.
Le grand public se souvient notamment de sa prestation dans Les Rivières pourpres, aux côtés de Jean Reno et Vincent Cassel, ou encore dans Nid de guêpes, où elle incarne une femme d’action déterminée.
Sa carrière, riche et éclectique, l’a menée du thriller à la comédie, jusqu’à des productions internationales. En 2007, elle tente l’aventure hollywoodienne, sans jamais rompre avec ses racines françaises.
« Je jouais pour comprendre », confiait-elle. Une phrase qui résume toute sa démarche artistique.
Les femmes qu’elle incarnait étaient souvent blessées, mais debout. Fragiles, mais indomptables. Une dualité qu’elle portait avec une vérité rare.
Dans la vie privée, Nadia Farès restait discrète. Entre Los Angeles et Paris, elle privilégiait une existence loin de la surexposition, fidèle à une certaine idée de liberté.
Ses proches évoquent une femme généreuse, sensible, dotée d’un humour subtil. Une présence sincère, autant sur scène qu’en dehors.

Avec sa disparition, le cinéma français perd une actrice de caractère, de celles qui ne trichent pas.
« À chaque fois, c’est la même intensité vibrante qui distingue son jeu : une manière d’habiter les silences, de traverser la caméra comme on affronte une vérité. »
Aujourd’hui, ses pairs saluent une artiste authentique. Le public, lui, garde en mémoire un regard, une énergie, une vérité.
Et peut-être plus que tout… l’image d’une femme qui n’a jamais cessé de brûler, jusqu’au bout.

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