Les travailleurs frontaliers au chômage devraient prochainement être indemnisés par le pays dans lequel ils ont exercé leur dernier emploi, et non plus par celui où ils résident — selon les informations du portail public suisse de l’emploi Travail.swiss. Une évolution confirmée par le ministère français du Travail auprès du magazine Challenges, après plusieurs années de mobilisation sur ce dossier.

La France pourrait ainsi ne plus être tenue d’indemniser les chômeurs frontaliers. D’après Travail.swiss, le 22 avril 2026, les délégations du Conseil de l’Union européenne et du Parlement européen ont conclu un accord provisoire, à l’issue d’un trilogue, sur la révision du règlement 883/2004.
Concrètement, l’État du dernier emploi — et non plus celui de résidence — serait désormais compétent pour verser les allocations chômage aux travailleurs frontaliers.
Ainsi, une personne résidant en France mais ayant travaillé en Suisse serait indemnisée par la Suisse, et non plus par la France comme c’est le cas aujourd’hui. Cet accord « provisoire » a été confirmé le 29 avril par le cabinet du ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, auprès de Challenges.
Jusqu’à présent, selon les règles en vigueur, un résident français ayant travaillé en Suisse et se retrouvant au chômage était indemnisé par l’Unédic — le système d’assurance chômage français — même s’il n’avait jamais cotisé en France.
Ce déséquilibre est particulièrement marqué avec des pays comme la Suisse ou le Luxembourg, où les salaires plus élevés entraînent mécaniquement des allocations chômage plus importantes.
Des salaires plus élevés au-delà des frontières

Chaque année, la France verse près de 860 millions d’euros à environ 43 000 allocataires frontaliers (dont les deux tiers travaillaient en Suisse). Une somme conséquente, en grande partie liée aux niveaux de rémunération nettement supérieurs dans les pays voisins.
À titre de comparaison, les salaires moyens au Luxembourg et en Suisse s’élèvent respectivement à 75 919 euros et 101 688 euros, contre 44 909 euros en France.
Les allocations chômage reflètent cette différence : en 2023, les frontaliers ayant travaillé en Suisse percevaient en moyenne 2 600 euros par mois, contre environ 1 200 euros pour les demandeurs d’emploi ayant travaillé en France.
Toutefois, la France devra encore patienter avant de bénéficier réellement de ces économies. La réforme doit d’abord être adoptée par le Parlement européen. Une fois validée, elle devra également faire l’objet d’un accord bilatéral entre l’Union européenne et la Suisse pour être pleinement appliquée.

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