Invité ce lundi 27 avril des «Grandes Gueules» sur RMC et RMC Story, l’ex-animateur télé a évoqué la chanson provocatrice qu’il a dédiée à la patronne de France Télévisions.
Très remonté contre Delphine Ernotte, la patronne de France Télévisions contre qui il est en guerre depuis son éviction du groupe en 2019, Patrick Sébastien a décidé de lui consacrer une chanson. Pas de celles qui attendrissent, bien au contraire.
«Delphine, si t’avais connu ma pine, on aurait été si heureux. Delphine, si t’avais connu ma pine, on aurait été amoureux», chante-t-il dans un titre tiré de son nouvel album intitulé Olé Osé. Et qui suscite une véritable polémique depuis sa mise en ligne vendredi 24 avril. Cette nouvelle provocation n’a, forcément, pas été du goût de la principale intéressée qui a décidé de porter plainte pour outrage sexiste et sexuel.
Ce lundi, invité des «Grandes Gueules» sur RMC et RMC Story, Patrick Sébastien a reconnu être allé un peu loin. «Bien sûr et c’est volontaire. C’est outrancier volontaire. Il y a eu plein de chansons comme ça. Si je te fais toute l’histoire de la chanson française, quand Brassens parle du gorille qui va enfiler un juge…», a-t-il commencé à se justifier avant d’être interrompu par Alain Marschall.
«Oui, mais il ne cite pas le nom du juge», a rappelé le journaliste. «Il cite pas le nom, bah, j’ai cité son nom. C’est un juste retour des choses. Quand elle a dit qu’il y avait trop d’hommes blancs de plus de 50 ans à la télévision, c’est de l’attaque, c’est de la ségrégation. C’est pas moi qui ai commencé, comme je dis dans la chanson. C’est de la farce, c’est de la blague, c’est de la grosse rigolade. Effectivement, c’est ad nominem, comme vous dites […] mais dans cette chanson, je ne la menace pas et je ne l’insulte pas», s’est-il défendu.

Plus que les poursuites judiciaires, le chanteur a surtout peur que Delphine Ernotte «tape à [s]a porte en [lui] disant : “Finalement, je voudrais la connaître”[sa pine, NDLR]».
«Je ne suis pas prêt», a-t-il plaisanté. «Si je suis condamné, ça sera pas une ignominie, ça sera une médaille pour moi. Parce qu’il y a quand même ces gens-là qui parlent de liberté d’expression sans arrêt», a-t-il ajouté avant de faire une comparaison avec la Une de Charlie Hebdo sur Crans-Montana : «Il n’y a pas eu de plainte de qui que ce soit parce que c’est la liberté d’expression. Je veux bien qu’on me fasse une plainte contre moi, je m’y attendais d’ailleurs. Sexiste, je veux bien mais j’ai jamais violé personne, j’ai jamais agressé sexuellement personne, je tape pas les femmes. Tout ce que tu peux me reprocher, c’est de la paillardise, c’est de la gauloiserie», a-t-il répété.
«Elle m’a toujours considéré comme un garçon grossier et vulgaire, ce qui n’était pas le cas. […] Donc à un moment, je me suis dit, je vais lui donner raison. C’est comme les caricatures qu’il y a eues de moi. Mes chansons, Le petit bonhomme en mousse, Les Serviettes…, c’était pas vulgaire et on m’a caricaturé : “Gérard, mon pote Gérard, on va se mettre un doigt dans le cul”.
Moi, j’aurais jamais chanté ça. Mais à un moment, je me suis dit, puisqu’ils me caricaturent, je vais être ma caricature. Et aujourd’hui, je suis ma caricature parce que ça m’amuse. Parce que j’ai 72 balais, que j’ai tout connu et que ça m’amuse. Et que ça m’amuse en plus qu’on ait ce débat-là. Parce qu’il y a tellement de choses mille fois plus graves. Et mettre un coup de pied dans cette morale obligatoire. On est dans un système… Je fais des galas tout l’été avec des braves gens, des gens normaux, des gens du peuple. Ces gens-là en ont marre qu’on leur impose ce qu’il faut aimer, ce qu’il faut dire, vous avez le droit de rire de ça, vous n’avez pas le droit de rire de ça, il faut manger ça, il faut pas boire ça…», a-t-il continué.
Loin de faire son mea culpa, Patrick Sébastien en a remis une couche sur Delphine Ernotte . «Je ne respecte pas cette dame parce que pour moi, elle n’est pas respectable. Il y a le dossier qui va sortir [le rapport sur la commission d’enquête sur la neutralité et le financement de l’audiovisuel public, NDLR], ça ne changera rien pour elle», a estimé l’artiste déplorant : «On a vu qu’il y avait plein de malversations. Ces gens-là sont intouchables. Ces gens-là sont en toute impunité. Alors, cette petite épine que je lance comme ça, c’est comme ça. Et en plus, tous ces gens-là qui te parlent de liberté d’expression, ça m’amuse de voir qu’ils vont porter plainte pour ça».
“C’est tout ce qu’elle déteste : sexiste, vulgaire et grossier”, indiquait son entourage au Parisien dès vendredi 24 avril. Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, prévoit de déposer plainte ce lundi pour outrage sexiste et sexuel contre Patrick Sébastien, ancien animateur du “Plus grand cabaret du monde” sur France 2.
À l’origine de cette décision : la chanson “Delphine”, publiée en ligne vendredi par l’artiste de 72 ans. Ce titre au ton volontairement provocateur ouvre le deuxième volet de “Olé Osé”, un recueil revendiqué de “chansons très crues”, fidèle à l’univers habituel du chanteur.
Le morceau contient des paroles explicites à connotation sexuelle visant directement la dirigeante, ce qui a suscité l’indignation dans son entourage.
“Elle s’est payé mon procès avec l’argent public”

Les relations entre les deux personnalités sont déjà très dégradées. Écarté du service public en 2019 après plus de deux décennies à l’antenne, Patrick Sébastien est en conflit avec son ancienne patronne, sur fond de désaccords, notamment financiers. Leur opposition s’est également manifestée lors de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public. “Madame Ernotte s’est payé mon procès avec l’argent public”, a ainsi accusé l’ancien présentateur de la Deux devant les députés fin mars. Une semaine plus tard, Delphine Ernotte avait répondu à ces critiques lors de son audition, rapporte nos confères du Parisien.
Dans sa chanson, Patrick Sébastien fait aussi référence à une déclaration passée de la présidente, qui estimait à son arrivée qu’il y avait “trop d’hommes blancs de plus de 50 ans” à l’antenne. Il détourne cette phrase dans des paroles à double sens, renforçant la dimension polémique du titre.
Ces éléments, jugés offensants, devraient désormais être examinés par la justice.

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