Près de vingt ans après s’être fait connaître dans Star Academy, Joanna Lagrave fait un retour que peu avaient vu venir en participant aux auditions à l’aveugle de The Voice. Un retour d’autant plus marquant qu’il intervient après une longue période de rupture avec la musique.

En 2008, dans une saison remportée par Quentin Mosimann, Joanna s’était imposée comme une candidate à part, reconnaissable à sa voix grave et à son interprétation habitée. Pourtant, une fois l’émission terminée, elle choisit de s’éloigner progressivement des projecteurs, sans chercher à capitaliser sur cette première exposition médiatique.
Ce retrait s’explique aujourd’hui par un blocage profond, qu’elle évoque sans détour. « Pendant dix ans, je ne voulais plus rien savoir de la musique. J’avais fait un blocage émotionnel, et même chanter était devenu une souffrance », confie-t-elle. Elle décrit une relation devenue presque physique à cette peur de chanter : « Quand on me parlait de scène, j’en pleurais. J’avais la tête qui tournait dès que je chantais trop longtemps. »
Avec le recul, Joanna reconnaît avoir longtemps mal identifié l’origine de ce malaise. « Je pensais que j’en voulais à la musique, mais pas du tout. C’était plutôt tout ce qu’il y avait autour, l’environnement, qui ne m’avait pas permis de m’exprimer ni de m’épanouir. » Une prise de conscience importante, qui lui permet peu à peu de renouer différemment avec cet univers.
Durant ces années de silence, elle se consacre à la peinture, tout en conservant un lien discret mais constant avec la musique. « Elle ne m’a jamais quittée. J’ai toujours peint en musique, j’ai toujours vécu avec elle », explique-t-elle, comme pour souligner que la rupture n’a jamais été totale.

Le véritable tournant survient au début de l’année 2024, lorsqu’elle découvre la prestation de Slimane à l’Eurovision Song Contest. Ce moment agit comme un déclic inattendu. « Je me suis retrouvée devant sa prestation et j’ai eu comme un électrochoc. Je me suis dit : “Tu vois, il faut y aller, tu peux encore faire quelque chose.” » Une phrase simple, mais qui marque le début d’un changement intérieur.
À partir de là, l’idée d’un retour s’installe progressivement. Joanna décide alors de reprendre contact avec Bruno Berberès, directeur de casting de The Voice. « Il a toujours été là pour moi. C’est le seul qui a cru en moi du début à la fin, sans jamais me forcer », souligne-t-elle, visiblement reconnaissante.
Cette démarche marque une étape décisive. Pour la première fois depuis longtemps, elle ne subit plus la musique, elle choisit d’y revenir. Sa participation à l’émission ne s’inscrit donc pas dans une logique de carrière classique, mais dans un processus plus personnel. Il s’agit pour elle de se confronter à ce qu’elle avait laissé de côté, dans un cadre qu’elle juge aujourd’hui plus bienveillant.
Entre Star Academy et The Voice, les codes ont évolué, tout comme son regard sur elle-même. Plus mature, plus lucide, Joanna aborde cette nouvelle expérience avec une forme d’apaisement. « Aujourd’hui, je sais pourquoi je suis là. Je ne suis plus la même personne », laisse-t-elle entendre.

Reste à savoir si ce retour marquera le début d’un nouveau chapitre durable dans sa carrière musicale. Mais au-delà de l’enjeu artistique, c’est surtout le chemin parcouru qui frappe : celui d’une artiste qui, après avoir tourné le dos à sa passion, trouve finalement la force d’y revenir, à son rythme et selon ses propres règles.
Et si Slimane a été l’étincelle, la suite de l’histoire appartient désormais entièrement à Joanna.





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