Florent Pagny se retrouve une nouvelle fois au cœur d’une vive polémique médiatique, cette fois-ci non pas pour sa musique ou sa santé, mais pour ses prises de position politiques. Les propos élogieux qu’il a tenus récemment à propos de Javier Milei, président de l’Argentine, ont déclenché une réaction particulièrement virulente sur un plateau de télévision français.
Le mardi 16 décembre 2025, dans l’émission Estelle Midi diffusée sur RMC Story, le journaliste et chroniqueur Baptiste des Monstiers n’a pas mâché ses mots à l’égard du chanteur. Dès le début du débat, il a exprimé une indignation sans détour face à la liberté de parole que s’octroie, selon lui, Florent Pagny.
« Quand on a mis en place une politique d’exil fiscal comme Florent Pagny, on ferme sa gueule sur la politique intérieure française ! », a lancé Baptiste des Monstiers, provoquant immédiatement un moment de tension sur le plateau. Une phrase choc, assumée, qui a donné le ton d’un échange particulièrement animé.

Ces propos faisaient directement écho à une déclaration du chanteur sur le plateau de Quotidien sur TMC, quatre jours plus tôt. Florent Pagny y avait affirmé que, s’il était président, il ferait « comme Milei », citant notamment la réduction du rôle de l’État et les attaques contre la fonction publique comme des mesures qu’il jugeait pertinentes.
Pour Baptiste des Monstiers, cette prise de position pose un problème de légitimité. « Je trouve qu’il n’a plus rien à dire », a-t-il poursuivi, tout en prenant soin de préciser qu’il considérait Florent Pagny comme un « super artiste ». Une distinction claire entre l’homme de scène et l’homme public engagé dans le débat politique.
Le chroniqueur est allé plus loin en rappelant le passé fiscal du chanteur. « Il a décidé de frauder l’État, de partir », a-t-il affirmé, avant d’être interrompu par la présentatrice Estelle Denis, qui a tenté de tempérer le propos et de replacer la discussion dans un cadre plus équilibré.
« Il n’a pas le droit de s’exprimer ? », a alors demandé Estelle Denis, soulignant que Florent Pagny possédait un château en Bourgogne et qu’il n’avait pas totalement rompu avec la France. Une tentative de défense qui n’a pas convaincu le chroniqueur.
« Non, il vit la moitié du temps en Patagonie, il le dit lui-même », a répliqué Baptiste des Monstiers. « Et il est quand même parti aussi pour une histoire de fraude fiscale », a-t-il ajouté, rappelant un épisode judiciaire qui continue de coller à l’image publique du chanteur.
En effet, Florent Pagny avait été condamné à six mois de prison avec sursis et à 115 000 euros de dommages et intérêts à verser à l’administration fiscale. La justice l’avait reconnu coupable de ne pas avoir déclaré 48 000 euros de TVA en 1997 et d’avoir minoré ses revenus à hauteur de plus de 540 000 euros entre 1996 et 1997.
Pour Baptiste des Monstiers, le problème dépasse le simple cas individuel et touche à la responsabilité médiatique. « Je trouve qu’on lui donne une caisse de résonance », a-t-il estimé, dénonçant le fait que la parole d’une célébrité puisse influencer le débat public sans être suffisamment contextualisée.
Le journaliste a ensuite ciblé directement les politiques défendues par Javier Milei. « Je n’ai pas super envie de la politique fiscale, ni de la politique sociale de Javier Milei en France », a-t-il déclaré, exprimant son inquiétude face à une possible importation de ce modèle ultralibéral.
Dans un moment particulièrement sensible du débat, Baptiste des Monstiers a évoqué la santé de Florent Pagny, rappelant un élément que beaucoup considèrent comme essentiel. « On a aussi tous su qu’il avait eu une grosse maladie. Un cancer », a-t-il rappelé, en insistant sur les conséquences concrètes des choix politiques.
« Il s’est fait soigner en France », a-t-il ajouté, avant de conclure de manière cinglante : « Et la politique de Javier Milei, sur la santé, ce n’est pas la fête. » Une phrase lourde de sens, qui relie directement le vécu personnel du chanteur aux débats idéologiques qu’il soutient.

Il est également rappelé que Florent Pagny avait quitté la France pour le Portugal en 2017 dans un contexte d’exil fiscal, avant de revenir s’installer dans l’Hexagone en 2021. Depuis, il partage son temps entre la France et la Patagonie, région d’origine de son épouse Azucena.
Cette séquence télévisée illustre une nouvelle fois la difficulté, pour les artistes, de s’exprimer politiquement sans voir leur parcours personnel scruté et instrumentalisé. Dans le cas de Florent Pagny, ses prises de position, son passé fiscal et son histoire médicale se retrouvent étroitement mêlés dans un débat où l’émotion le dispute à l’idéologie.

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